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Crazy Kung-fu (Stephen Chow)

Crazy Kung-fu (Stephen Chow)
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Hong Kong - Kung-fu Hustle - De Stephen Chow - Avec Stephen Chow, Wah Yuen, Leung Siu Lung, Yuen Qiu ... - Durée : 1 h 47 - Année : 2004


Critique du film (par Robin) :
Mini SPOILERS !!!!!

Trois ans après Shaolin Soccer, le film qui avait vraiment dévoilé Stephen Chow et son humour décalé en Europe, le réalisateur HongKongais revient avec son nouveau film, Crazy Kung-Fu.

Passons tout d'abord sur le problème de traduction évident ; en effet, le titre original était Kung-fu Hustle, ce qui était plus en rapport avec le dit film que le titre français, Crazy Kung-Fu. Puisque « hustle », qui a la signification de « tourbillon », « bousculade » ou « grande activité » symbolise parfaitement le chaos ambiant et le remue-ménage qui règne dans ce film autour du kung-fu, il était inutile , à mon goût, de remplacer ce mot par un autre mot, anglophone qui plus est. Mais les traductions douteuses ne changeront sans doute jamais, donc parlons plutôt du film que de ce problème assez bénin, mais légèrement dérangeant.

Dès les premières minutes du film, et après un plan séquence déjà hilarant dans un commissariat (il faut voir les têtes d'ahuris de tous les policiers ...), nous voici plongés dans l'univers fantasmagorique de Crazy Kung-fu, un monde empruntant ses traits à la Chine des années 40, mais dans lequel presque tous les éléments sont sortis de l'imagination de Stephen Chow. Dans ce monde, les représentants du Bien prennent la forme d'une mégère à la voix retentissante, d'un propriétaire légèrement pervers et d'un tailleur plus qu'efféminé, tandis que les méchants ne se servent pas du dentifrice avec la même maestria que pour les instruments de musique et sont fringués avec marcels et tongs bleues ; les coups pleuvent, même les plus invraisemblables (on se souviendra tous de la Paume de Bouddha), et les situations sont toutes plus comiques les unes que les autres. Et c'est dans ce monde étrange que le grand Chow nous emmène pendant deux heures délicieuses.

L'humour est, bien évidemment, omniprésent, mais venant de Stephen Chow, cela n'est pas vraiment étonnant. Ce qui l'est plus, c'est que Crazy Kung-fu surpasse presque le drôlissime Shaolin Soccer, pur chef d'½uvre comique, dans ce domaine. C'est bien simple : toutes les scènes et tous les personnages sont absolument hilarant(e)s. Il suffit de voir Sing se prendre plusieurs couteaux à la suite d'une manière plutôt amusante, Gras-Double (son fidèle compagnon) faire blobloter sa graisse pour tenter de terroriser la populace ou encore un adolescent se baladant les fesses à l'air se prendre pour LE maître du kung-fu pour s'en convaincre : Crazy Kung-fu est résolument comique et Stephen Chow n'a rien perdu de son talent en ce qui concerne l'humour. Il ne reste plus qu'à espérer qu'il ne suive pas le chemin tortueux de l'américanisation, comme l'ont fait ses confrères Jackie Chan et Jet Li.

De plus, Chow multiplie les références et les clins d'½il tout au long du film. Il n'est donc pas anormal de penser à Gangs of New York, Matrix, Shining ou encore Spider-Man lors de certaines scènes, parfois parodiques. Le réalisateur talentueux mélange également les genres, tels que le western, la comédie musicale ou encore le film de sabre. Mais c'est surtout un brillant hommage à Bruce Lee et aux films de kung-fu des années 70 que nous livre Stephen Chow. L'ombre de la Shaw Brothers et des films ayant marqué l'enfance de Chow plane ainsi sur le film, pour le plus grand bonheur, je pense, des amateurs. Bruce Lee est également présent, même immatériellement, notamment lors d'une scène rappelant fortement Le Frelon Vert. Stephen Chow voulait rendre hommage aux films qui l'avaient fait vibré quand il était jeune et qui lui avaient vraiment donné envie de faire du cinéma : pari amplement réussi !

Mais derrière l'humour et l'action de Crazy Kung-fu se cache tout de même une morale. En effet, c'est en se sacrifiant pour « Roméo » et « Juliette », donc pour le Bien, et en essuyant une tempête de coups de poing surpuissants que Sing devient vraiment puissant, trouve sa véritable voie : celle du maître de kung-fu que tout le monde attendait, de l'« Elu ». Et c'est grâce à lui que le Bien triomphe du Mal, dans un film, somme toutes, plutôt manichéen. De plus, c'est également l'amour qui lui permet de sortir de sa chrysalide et de s'ouvrir au bien. En effet, lorsque Sing est en rétablissement, il dessine avec son doigt une sucette au sol, sucette qui symbolise son amour pour la sourde-muette qu'il avait tenté de sauver lors de son enfance. Il pense à cet amour dans les moments difficiles, et c'est ce qui lui donne sa force. A mon avis, l'histoire d'amour n'est donc pas si inutile que ça. Des morales bien gentilles, donc, mais qui trouvent parfaitement leur place dans ce film avant tout comique.

Mais évidemment, bien qu'excellent à mon goût, Crazy Kung-fu n'est tout de même pas exempt de défauts. Tout d'abord, certaines scènes sont un peu trop longues, comme par exemple la scène des musiciens ; bien qu'amusante au début, de par son originalité et sa créativité, était-il vraiment nécessaire que cette séquence dure une bonne dizaine de minutes ? Les effets spéciaux sont également un peu trop nombreux par moments, comme lors de la scène où Sing est poursuivie par la propriétaire ; les effets cartoon n'étaient pas vraiment nécessaires. Enfin, le style d'humour qui règne dans ce film risque de ne pas plaire à tout le monde, même si j'y adhère complètement. Après, c'est une question de goûts ...

Pour finir, j'aimerais parler un peu de la toute dernière scène, où le vieil homme essaye de vendre au jeune garçon un tas de manuels de kung-fu. Plusieurs significations sont possibles pour cette scène. Par exemple, la multitude des manuels que propose le vieil homme peut vouloir dire que chacun est libre de choisir sa voie et son chemin comme il choisirait son style de kung-fu. Mais, comme me l'a intelligemment suggéré un ami, le petit garçon pourrait être carrément Bruce Lee, puisque l'action se passe au moment où le maître du kung-fu avait l'âge de ce petit garçon. De plus, les styles de kung-fu que propose le vieillard à l'enfant sont à peu près les mêmes que ceux de Bruce Lee. Mais je suis persuadé que d'autres significations sont possibles, n'hésitez pas à nous en soumettre !

En bref, Crazy Kung-fu est un petit chef d'½uvre de l'humour asiatique, qui hisse Stephen Chow au rang de maître du genre ! Si vous avez aimé Shaolin Soccer, foncez !


Note : 4/6
Robin


L'avis des autres cinéphiles :


Gereinte : 4/6
Un film asiatique délirant qui ne se prend pas au sérieux, ce qui en fait son originalité !


Yayou : 4/6
Manger des nems, c'est bon ! Mais les manger devant Crazy Kung Fu, c'est encore meilleur !


Koss : 4/6
Des baffes, des coups de poing, des tatanes et des éclats de rire ... Voilà un efficace résumé !


Doui : 4/6
Une bonne parodie, malgré un scénar un peu maigre.



Cinéfil49 : 4/6

# Posté le samedi 18 mars 2006 10:51

Modifié le lundi 23 juillet 2007 07:06

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