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Etats-Unis - Heat - De Michael Mann - Avec Al Pacino, Robert de Niro, Val Kilmer, Jon Voight, Tom Sizemore ... - Durée : 2 h 50 - Année : 1995
Il y'a désormais un peu plus de 10 ans sortait dans les salles obscures un film qui deviendrait bientôt l'un des meilleurs thrillers de toute l'histoire du cinéma : Heat. Retour sur un des films les plus excitants des années 90 ...
Avant même sa sortie, Heat avait tout pour être réussi : un réalisateur plus que talentueux aux commandes en la personne de Michael Mann, lui-même producteur et donc indépendant dans ses idées, un face à face de choc entre deux monstres sacrés du cinéma, Al Pacino et Robert De Niro, qu'il n'est plus la peine, je pense, de présenter, et une pléthore de seconds rôles de qualité. On peut en effet compter Val Kilmer (Top Gun, Les Doors ...), Tom Sizemore (True Romance, Tueurs Nés ...), Jon Voight (Macadam Cowboy, Mission : Impossible ...) ou encore Natalie Portman (Star Wars, Garden State ...) dans ce casting quatre étoiles.
D'un point de vue technique, tout semble impeccable : Mann nous abreuve d'une quantité de plans magnifiques, maniant la profondeur de champ comme personne (les plans dans lesquels Neil et sa compagne discutent, surplombant un Los Angeles nocturne et splendide, sont impressionnants ...), sélectionnant ses musiques avec soin, pour ne choisir finalement que celles qui correspondraient parfaitement à l'action présente, réalisant de superbes travellings dans des lieux aussi variés qu'un café-resto, le hall d'entrée d'un hôtel ou encore la piste d'atterrissage d'un aéroport, et usant avec parcimonie de fabuleux gros plans sur les visages fatigués des deux principaux protagonistes. Mais ce qu'on retiendra surtout, ce sont les cadrages inimitables de Mann, de toute beauté ; qu'il contienne un personnage se préparant du café, ou un autre agonisant, le cadre est toujours magnifique, travaillé au millimètre près pour se rapprocher au maximum d'une mythique perfection, et c'est sans doute là l'une des plus grandes qualités techniques de Michael Mann.
Venons-en désormais au point central de ce film : l'affrontement perpétuel entre les deux hommes, entre Vincent et Neil, entre le flic et le truand. Si on s'y penche un minimum, on peut remarquer que ces deux hommes ne sont pas différents, voire qu'ils sont identiques en presque tous les points : ils ont à peu près les mêmes qualités, et, cela va sans dire, les mêmes défauts. S'ils sont devenus adversaires, ce ne peut pas être du fait de certaines différences inexistantes, c'est tout simplement qu'ils n'ont pas choisi le même chemin. Et c'est de cette extrême ressemblance que naît un sentiment de respect entre ces deux hommes, sentiment d'ailleurs confirmé lors de leur face à face dans le café-resto, incontestablement l'une des meilleures scènes du film. Chacun sait qu'il aurait pu se trouver à la place de l'autre, sur le siège d'en face, s'ils avaient choisi la voie de leur rival. Ce respect réciproque se fera sentir jusqu'à l'ultime scène du film, jusqu'au dernier souffle de l'un des deux personnages. Michael Mann cède alors à un certain manichéisme en décidant d'ôter la vie à Neil lors de cette scène d'anthologie ; les deux hommes étaient à armes égales, et le Bien triomphe du Mal ... La morale parle d'elle-même. Mais la poignée de mains finale entre le vainqueur et le vaincu dans un combat qu'il était impossible de gagner ou de perdre symbolise l'osmose retrouvée entre ces deux êtres ; il fallait que l'un des deux meure pour mettre un terme à cette rivalité qui aurait pu devenir éternelle. C'est d'ailleurs pour cela que Neil est retourné sur ses pas tuer Waingro : la vengeance lui importait peu, il voulait juste laisser une chance à Vincent, terminer une bonne fois pour toutes ce combat infernal.
En analysant encore un peu plus ce film magistral, il apparaît que ces deux hommes sont des fantômes vivants : le premier ne vit que parmi les cadavres qu'il rencontre lors de ces enquêtes, au détriment d'une vie personnelle complètement gâchée par son indifférence et son absence. Le second, quant à lui, est complètement étranger à sa propre vie et réalise la seule chose qu'il sache faire, le vol, voire le meurtre quand il n'a pas le choix, dans l'attente d'un libérateur, d'un homme comme lui, qu'il trouvera en la personne de Vincent. Il vit également dans l'indifférence, indifférence caractérisée par l'absence de meubles dans son chez-soi et par sa capacité à quitter tout ce qui peuplerait sa vie en moins de 30 secondes, montre en main. La rencontre de ces deux hommes étrangers à leur vie n'était donc pas un hasard ; ce sont deux âmes errantes dans un univers qui n'est pas le leur. Lorsque Neil meurt, ses derniers mots sont les suivants : « Je t'avais dit que j'y replongerais pas ... ». Il va enfin rejoindre son véritable monde, et ne replongera pas dans un univers qui n'est pas le sien. Vincent apparaît donc comme son libérateur, son confident, le seul homme qui puisse le comprendre, et non comme un ennemi.
Quoi qu'il en soit, ce film est un bijou et les amateurs d'action un peu intelligente seront également aux anges, notamment lors d'une scène de fusillade d'un réalisme saisissant. Bien que sa longueur (presque 3 heures !) puisse en décourager certains, elle ne m'a pas sauté aux yeux, et je n'ai pas vu le temps passer. Un chef d'oeuvre, tout simplement !
Note : 6/6
L'avis des autres Cinéfils :
Smi : 4/6
Un thriller comme on les aime : action, talent et intrigue sont réunis dans ce film.
Koss : 5/6
Chaude est la confrontation entre les deux acteurs pivots du film, chaude est l'ambiance de L.A., une ambiance poisseuse de combines et de trafic, et chaud est ce film de genre unique, par son sunspense haletant et sa densité électrique.
Etats-Unis - Heat - De Michael Mann - Avec Al Pacino, Robert de Niro, Val Kilmer, Jon Voight, Tom Sizemore ... - Durée : 2 h 50 - Année : 1995
Critique et analye du film (par Robin) :
Attention SPOILERS !!!
Attention SPOILERS !!!
Il y'a désormais un peu plus de 10 ans sortait dans les salles obscures un film qui deviendrait bientôt l'un des meilleurs thrillers de toute l'histoire du cinéma : Heat. Retour sur un des films les plus excitants des années 90 ...
Avant même sa sortie, Heat avait tout pour être réussi : un réalisateur plus que talentueux aux commandes en la personne de Michael Mann, lui-même producteur et donc indépendant dans ses idées, un face à face de choc entre deux monstres sacrés du cinéma, Al Pacino et Robert De Niro, qu'il n'est plus la peine, je pense, de présenter, et une pléthore de seconds rôles de qualité. On peut en effet compter Val Kilmer (Top Gun, Les Doors ...), Tom Sizemore (True Romance, Tueurs Nés ...), Jon Voight (Macadam Cowboy, Mission : Impossible ...) ou encore Natalie Portman (Star Wars, Garden State ...) dans ce casting quatre étoiles.
D'un point de vue technique, tout semble impeccable : Mann nous abreuve d'une quantité de plans magnifiques, maniant la profondeur de champ comme personne (les plans dans lesquels Neil et sa compagne discutent, surplombant un Los Angeles nocturne et splendide, sont impressionnants ...), sélectionnant ses musiques avec soin, pour ne choisir finalement que celles qui correspondraient parfaitement à l'action présente, réalisant de superbes travellings dans des lieux aussi variés qu'un café-resto, le hall d'entrée d'un hôtel ou encore la piste d'atterrissage d'un aéroport, et usant avec parcimonie de fabuleux gros plans sur les visages fatigués des deux principaux protagonistes. Mais ce qu'on retiendra surtout, ce sont les cadrages inimitables de Mann, de toute beauté ; qu'il contienne un personnage se préparant du café, ou un autre agonisant, le cadre est toujours magnifique, travaillé au millimètre près pour se rapprocher au maximum d'une mythique perfection, et c'est sans doute là l'une des plus grandes qualités techniques de Michael Mann.
Venons-en désormais au point central de ce film : l'affrontement perpétuel entre les deux hommes, entre Vincent et Neil, entre le flic et le truand. Si on s'y penche un minimum, on peut remarquer que ces deux hommes ne sont pas différents, voire qu'ils sont identiques en presque tous les points : ils ont à peu près les mêmes qualités, et, cela va sans dire, les mêmes défauts. S'ils sont devenus adversaires, ce ne peut pas être du fait de certaines différences inexistantes, c'est tout simplement qu'ils n'ont pas choisi le même chemin. Et c'est de cette extrême ressemblance que naît un sentiment de respect entre ces deux hommes, sentiment d'ailleurs confirmé lors de leur face à face dans le café-resto, incontestablement l'une des meilleures scènes du film. Chacun sait qu'il aurait pu se trouver à la place de l'autre, sur le siège d'en face, s'ils avaient choisi la voie de leur rival. Ce respect réciproque se fera sentir jusqu'à l'ultime scène du film, jusqu'au dernier souffle de l'un des deux personnages. Michael Mann cède alors à un certain manichéisme en décidant d'ôter la vie à Neil lors de cette scène d'anthologie ; les deux hommes étaient à armes égales, et le Bien triomphe du Mal ... La morale parle d'elle-même. Mais la poignée de mains finale entre le vainqueur et le vaincu dans un combat qu'il était impossible de gagner ou de perdre symbolise l'osmose retrouvée entre ces deux êtres ; il fallait que l'un des deux meure pour mettre un terme à cette rivalité qui aurait pu devenir éternelle. C'est d'ailleurs pour cela que Neil est retourné sur ses pas tuer Waingro : la vengeance lui importait peu, il voulait juste laisser une chance à Vincent, terminer une bonne fois pour toutes ce combat infernal.
En analysant encore un peu plus ce film magistral, il apparaît que ces deux hommes sont des fantômes vivants : le premier ne vit que parmi les cadavres qu'il rencontre lors de ces enquêtes, au détriment d'une vie personnelle complètement gâchée par son indifférence et son absence. Le second, quant à lui, est complètement étranger à sa propre vie et réalise la seule chose qu'il sache faire, le vol, voire le meurtre quand il n'a pas le choix, dans l'attente d'un libérateur, d'un homme comme lui, qu'il trouvera en la personne de Vincent. Il vit également dans l'indifférence, indifférence caractérisée par l'absence de meubles dans son chez-soi et par sa capacité à quitter tout ce qui peuplerait sa vie en moins de 30 secondes, montre en main. La rencontre de ces deux hommes étrangers à leur vie n'était donc pas un hasard ; ce sont deux âmes errantes dans un univers qui n'est pas le leur. Lorsque Neil meurt, ses derniers mots sont les suivants : « Je t'avais dit que j'y replongerais pas ... ». Il va enfin rejoindre son véritable monde, et ne replongera pas dans un univers qui n'est pas le sien. Vincent apparaît donc comme son libérateur, son confident, le seul homme qui puisse le comprendre, et non comme un ennemi.
Quoi qu'il en soit, ce film est un bijou et les amateurs d'action un peu intelligente seront également aux anges, notamment lors d'une scène de fusillade d'un réalisme saisissant. Bien que sa longueur (presque 3 heures !) puisse en décourager certains, elle ne m'a pas sauté aux yeux, et je n'ai pas vu le temps passer. Un chef d'oeuvre, tout simplement !
Note : 6/6
Robin
L'avis des autres Cinéfils :
Smi : 4/6
Un thriller comme on les aime : action, talent et intrigue sont réunis dans ce film.
Koss : 5/6
Chaude est la confrontation entre les deux acteurs pivots du film, chaude est l'ambiance de L.A., une ambiance poisseuse de combines et de trafic, et chaud est ce film de genre unique, par son sunspense haletant et sa densité électrique.
Cinefil49 : 5/6




