Heat (Michael Mann)

Heat (Michael Mann)
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Etats-Unis - Heat - De Michael Mann - Avec Al Pacino, Robert de Niro, Val Kilmer, Jon Voight, Tom Sizemore ... - Durée : 2 h 50 - Année : 1995


Critique et analye du film (par Robin) :
Attention SPOILERS !!!

Il y'a désormais un peu plus de 10 ans sortait dans les salles obscures un film qui deviendrait bientôt l'un des meilleurs thrillers de toute l'histoire du cinéma : Heat. Retour sur un des films les plus excitants des années 90 ...

Avant même sa sortie, Heat avait tout pour être réussi : un réalisateur plus que talentueux aux commandes en la personne de Michael Mann, lui-même producteur et donc indépendant dans ses idées, un face à face de choc entre deux monstres sacrés du cinéma, Al Pacino et Robert De Niro, qu'il n'est plus la peine, je pense, de présenter, et une pléthore de seconds rôles de qualité. On peut en effet compter Val Kilmer (Top Gun, Les Doors ...), Tom Sizemore (True Romance, Tueurs Nés ...), Jon Voight (Macadam Cowboy, Mission : Impossible ...) ou encore Natalie Portman (Star Wars, Garden State ...) dans ce casting quatre étoiles.

D'un point de vue technique, tout semble impeccable : Mann nous abreuve d'une quantité de plans magnifiques, maniant la profondeur de champ comme personne (les plans dans lesquels Neil et sa compagne discutent, surplombant un Los Angeles nocturne et splendide, sont impressionnants ...), sélectionnant ses musiques avec soin, pour ne choisir finalement que celles qui correspondraient parfaitement à l'action présente, réalisant de superbes travellings dans des lieux aussi variés qu'un café-resto, le hall d'entrée d'un hôtel ou encore la piste d'atterrissage d'un aéroport, et usant avec parcimonie de fabuleux gros plans sur les visages fatigués des deux principaux protagonistes. Mais ce qu'on retiendra surtout, ce sont les cadrages inimitables de Mann, de toute beauté ; qu'il contienne un personnage se préparant du café, ou un autre agonisant, le cadre est toujours magnifique, travaillé au millimètre près pour se rapprocher au maximum d'une mythique perfection, et c'est sans doute là l'une des plus grandes qualités techniques de Michael Mann.

Venons-en désormais au point central de ce film : l'affrontement perpétuel entre les deux hommes, entre Vincent et Neil, entre le flic et le truand. Si on s'y penche un minimum, on peut remarquer que ces deux hommes ne sont pas différents, voire qu'ils sont identiques en presque tous les points : ils ont à peu près les mêmes qualités, et, cela va sans dire, les mêmes défauts. S'ils sont devenus adversaires, ce ne peut pas être du fait de certaines différences inexistantes, c'est tout simplement qu'ils n'ont pas choisi le même chemin. Et c'est de cette extrême ressemblance que naît un sentiment de respect entre ces deux hommes, sentiment d'ailleurs confirmé lors de leur face à face dans le café-resto, incontestablement l'une des meilleures scènes du film. Chacun sait qu'il aurait pu se trouver à la place de l'autre, sur le siège d'en face, s'ils avaient choisi la voie de leur rival. Ce respect réciproque se fera sentir jusqu'à l'ultime scène du film, jusqu'au dernier souffle de l'un des deux personnages. Michael Mann cède alors à un certain manichéisme en décidant d'ôter la vie à Neil lors de cette scène d'anthologie ; les deux hommes étaient à armes égales, et le Bien triomphe du Mal ... La morale parle d'elle-même. Mais la poignée de mains finale entre le vainqueur et le vaincu dans un combat qu'il était impossible de gagner ou de perdre symbolise l'osmose retrouvée entre ces deux êtres ; il fallait que l'un des deux meure pour mettre un terme à cette rivalité qui aurait pu devenir éternelle. C'est d'ailleurs pour cela que Neil est retourné sur ses pas tuer Waingro : la vengeance lui importait peu, il voulait juste laisser une chance à Vincent, terminer une bonne fois pour toutes ce combat infernal.

En analysant encore un peu plus ce film magistral, il apparaît que ces deux hommes sont des fantômes vivants : le premier ne vit que parmi les cadavres qu'il rencontre lors de ces enquêtes, au détriment d'une vie personnelle complètement gâchée par son indifférence et son absence. Le second, quant à lui, est complètement étranger à sa propre vie et réalise la seule chose qu'il sache faire, le vol, voire le meurtre quand il n'a pas le choix, dans l'attente d'un libérateur, d'un homme comme lui, qu'il trouvera en la personne de Vincent. Il vit également dans l'indifférence, indifférence caractérisée par l'absence de meubles dans son chez-soi et par sa capacité à quitter tout ce qui peuplerait sa vie en moins de 30 secondes, montre en main. La rencontre de ces deux hommes étrangers à leur vie n'était donc pas un hasard ; ce sont deux âmes errantes dans un univers qui n'est pas le leur. Lorsque Neil meurt, ses derniers mots sont les suivants : « Je t'avais dit que j'y replongerais pas ... ». Il va enfin rejoindre son véritable monde, et ne replongera pas dans un univers qui n'est pas le sien. Vincent apparaît donc comme son libérateur, son confident, le seul homme qui puisse le comprendre, et non comme un ennemi.

Quoi qu'il en soit, ce film est un bijou et les amateurs d'action un peu intelligente seront également aux anges, notamment lors d'une scène de fusillade d'un réalisme saisissant. Bien que sa longueur (presque 3 heures !) puisse en décourager certains, elle ne m'a pas sauté aux yeux, et je n'ai pas vu le temps passer. Un chef d'oeuvre, tout simplement !


Note : 6/6
Robin


L'avis des autres Cinéfils :


Smi : 4/6
Un thriller comme on les aime : action, talent et intrigue sont réunis dans ce film.


Koss : 5/6
Chaude est la confrontation entre les deux acteurs pivots du film, chaude est l'ambiance de L.A., une ambiance poisseuse de combines et de trafic, et chaud est ce film de genre unique, par son sunspense haletant et sa densité électrique.



Cinefil49 : 5/6

# Posté le mardi 21 mars 2006 12:45

Modifié le lundi 23 juillet 2007 09:32

Amen (Costa-Gavras)

Amen (Costa-Gavras)
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Allemagne, Roumanie, France - Amen - De Costa-Gavras - Avec Ulrich Tukur, Mathieu Kassovitz, Ulrich Mühe... - Durée : 2 h 10 - Année : 2001


Critique et analyse du film (par Antoine) :

Il est toujours assez difficile de parler de l'Histoire dans un film notamment lorsque celle-ci raconte le plus grand génocide de l'humanité. Heureusement le réalisateur grec Costa-Gavras (Z, Etat de siège, Le Couperet...) s'y prend très bien et nous offre un chef d'oeuvre à la pointe de la perfection. Voyage au bout de l'enfer...


Sur une musique qui donne le rythme, un homme marche d'un pas déterminé et pénètre dans un bâtiment de la Société des Nations. Il interrompt une assemblée, distribue des tracts et annonce à pleine voix : "Les Juifs font l'objet de persécutions dans le monde, je suis Juif et je ne vois qu'un seul moyen de toucher le coeur des hommes". Muni d'un revolver, il se suicide en public.
Un début fort qui laisse le spectateur cloué à son fauteuil, la gorge serrée. On l'a compris Amen traite le plus grand crime de tous les temps : le génocide juif par le parti nazi. Venons-en au fait.

Quand un officier SS apprend que l'on gaze les Juifs dans les camps de concentration ; il refuse de dire "amen". Voyant l'horreur de ses propres yeux, il va essayer d'avertir les Alliés et surtout d'en faire part à l'église par l'intermédiaire d'un jésuite.

Une tâche bien difficile à accomplir surtout lorsqu'on est à l'intérieur d'un système qu'on dénonce. La difficulté est renforcée par la quête d'une personne voulant bien écouter ce qu'on a vu et essayer de la persuader. A l'époque personne ne pouvait imaginer que de telles abominations pouvaient être possibles; "Personne ne vous croira". Il y a donc une certaine difficulté à dire la vérité. "Il faut un témoin, je serai l'oeil de Dieu dans cet enfer ".

Amen nous entraîne dans le parcours de la vérité prononcée, nous suivons son chemin et celui-ci est rude : du camp de concentration à la salle du trône du pape au Vatican. Mais nous voyons aussi un autre parcours. Celui des centaines de personnes déportées chaque jour avec les plans des trains de la mort qui reviennent très souvent. Costa-Gavras adopte ici le principe du montage alterné ce qui permet l'omniscience du spectateur, un certain suspense et évidemment une course contre le temps. "Il n'y a plus de places, je suis désolé mon capitaine. Le monde entier est dans les trains cet an-ci" réplique à double sens de la part du contrôleur.

Le réalisateur fait plusieurs dénonciations dans son film. D'une part, le génocide juif épouvantable, inimaginable rejeté par un nazi. Et d'autre part, la dénociation de l'église qui en réalité savait ce qu'il advenait des Juifs et qui n'a rien fait. L'image de l'affiche du film reflète ces deux dénonciations, la superposition de la croix chrétienne et celle de la croix gammée, image qui a été fortement contestée.

Amen est un plus un documentaire romancé qu'un film, on a rarement vu aussi bien tourné dans le cinéma historique. Costa-Gavras démontre qu'on ne fait pas de fiction à tout prix. C'est le genre de film qui à la fin suscite une discussion entre les spectateurs et provoque un débat vital. Film polémique au contexte politique. Une très bonne reconstitution des faits.

On voit et on revoit Amen, on ne s'en lasse pas. C'est toujours la même émotion et le même sentiment qui revient. Deux acteurs, troublants et attachants, au sommet. Une musique captivante, une mise en scène percutante pour un film coup de poing et une oeuvre intelligement réalisée.


Note 6/6
Antoine


L'avis des autres Cinéfils :


Smi : 6/6
Un film qui critique avec brio l'abscence de réaction de l'Eglise face au nazisme. A voir !


Doui : 5/6
Enfin un film qui ose lever le voile sur le mutisme de l'Eglise face aux crimes nazis !



Cinefil49 : 6/6

# Posté le jeudi 23 mars 2006 12:59

Modifié le lundi 23 juillet 2007 09:32

La Guerre des Mondes (Steven Spielberg)

La Guerre des Mondes (Steven Spielberg)
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Etats-Unis - War of the Worlds - De Steven Spielberg - Avec Tom Cruise, Dakota Fanning, Tim Robbins ... - Durée : 1 h 56 - Année : 2005


Critique et analyse du film (par Mona) :
Risque de SPOILERS !!!

Laissez-vous transposer dans un monde de chaos apocalyptique et crépusculaire, l'extermination de l'Humanité, vieille de 6000 ans, en quelques jours par un envahisseur intersidéral émergeant des profondeurs même de notre planète, transformant toute vie humaine en un engrais, nourrissant une liane organique viscérale. Un monde qui n'est pourtant pas si éloigné du notre ...

Ray Ferrier, père irresponsable d'une famille éclaté accueille, pour un week-end, son fils Robbie, 17 ans, un ado qui rejette totalement la figure de son père et Rachel, 11 ans, claustrophobe, en proie à d'habituelles crises de panique et allergique au beurre de cacahouète. Les deux enfants se retrouvent ainsi obligés de passer le week-end chez leur père, dans une banlieue, proche de Manhattan, armée de petites maisons précaires, identiques, longeant une nationale. Un week end qui à l'air bien parti pour se partager entre parties de baseball dans le maigre jardin de la propriété cerné de grillage, grignotage devant la télé, affalé sur les fauteuils à zapper sur une centaine de chaînes et disputes entre le père et le fils sur divers sujets de la vie quotidienne, image d'un quotidien gris, répétitif, lassant.

A ce point du scénario, on peut déjà détacher plusieurs thèmes. Celui d'une vie précaire, dans une banlieue, un travail assez instable. Revient aussi celui du divorce, des familles reconstituées. Une caricature du mode de vie américanisé. Mais le thème présent dès le début et qui occupera une grande partie du film est celui du combat de Ray pour prouver à ses enfants et se prouver à lui-même qu'il les aime et qu'il est capable de les protéger, de les sauver.

Viennent alors s'ajouter à l'intrigue nos fameux envahisseurs intersidéraux, plus connus sous le nom d'extraterrestres. Et c'est suite à un violent orage magnétique qu'ils vont faire leur première apparition, sous forme de colosse de métal, les tripodes, sortant d'une faille dans le goudron produite par la foudre et détruisant tout sur leur passage, désintégrant les humains affolés qui slaloment entre les voitures immobilisées par l'orage, tentant de se mettre à l'abri. Ray parvient à échapper, on ne sait comment, aux rayons désintégrateurs du tripode et à rentrer chez lui sain et sauf.

Commence dès lors, une grande épopée pour fuir l'extermination qui conduira les trois Humains, en tout premier chez la mère des enfants. On passe ainsi de la banlieue à une grande maison de campagne, sans grillage ni palissade, qui s'avère être vide. La petite famille reprend alors son errance au milieu de paysage ravagé, dans un terrifiant chaos, allant de refuge en refuge, d'assaut en assaut, d'échappée en échappée pour atteindre Boston. Rien ne semble plus pouvoir les sauver du génocide hormis l'obstination d'un père prêt à tout pour sauver ses enfants.

Spielberg réalise ici une adaptation très fidèle au roman malgré quelques modifications. Tout d'abord, il décale le roman de lieu et d'époque, deux siècles et un océan séparent le récit de H.G. Wells et la trame du film. Le roman plante son décor dans le Londres du XIX° siècle alors qu'ici, l'histoire prend place dans l'Amérique actuelle. Ce choix permet notamment de donner une plus grande force au film, c'est la plus grande puissance mondiale qui s'écroule face à la supériorité technique des Aliens. Un message que l'on pourrait tourner en hostilité envers la plus grande armée du monde, s'il n'y avait pas ce petit détail : à la fin du film, quand Ray découvre que le lierre rouge meurt, il le découvre sur la statue d'un soldat avant de conclure « ça meurt ». Et de plus c'est l'armée américaine qui fait s'écrouler le dernier tripode.

Spielberg innove une nouvelle façon de voir une invasion extraterrestre, les ETs n'arrivent pas dans leur traditionnel vaisseau spatial ou leur fusée, ils sortent des entrailles de notre bonne vieille planète, tapis là depuis des années à nous observer en silence.

Penchons-nous maintenant sur le personnage du père attachant, de Tom Cruise. Loin d'être, comme à son habitude, le « super-héros », Tom Cruise incarne ici l'antihéros, un père loupé, qui ne sait comment s'y prendre. Le film nous dévoile là le combat d'un père pour reconquérir ses enfants. Mais il gâche toute l'idée d'anti-héros sur la fin du film, notamment lorsque Ray neutralise la créature grâce à une grenade. Quant au personnage de la petite, lui donner 11 ans est un peu excessif car à 11 ans, un enfant peut commencer à être considéré comme un pré adolescent et donc, le fait que Ray protége sa fille a du mal à coller avec l'âge de la petite. De plus, dans le film, elle en paraît plus 9 que 11.

Les effets spéciaux sont d'un réalisme spectaculaire, les images d'une beauté crépusculaire et les cieux en dernier plan sont resplendissants. La mise en scène est très bien menée, maniant les hors-champs, les gros plans et les plan panoramiques, faisant ressortir une surprenante impression de réalisme ; l'éclairage donne une vision étrange mais participe aussi à l'atmosphère oppressante, parfois même étouffante du film et la bande son apporte à l'atmosphère tout en glissant des sons très étranges qui paraissent totalement véridiques.

Un film fort en émotions, particulièrement lors de la scène du départ du fils et celle du meurtre de Harlan Ogilvy dans la cave où le mélange hors champs et fond sonore nous évite une scène trop sanglante qui abîmerait le point de vue du film ; grâce à une telle mise en scène, on se place dans la peau de la petite Rachel qui ne voit pas la scène mais saisit la réalité. On sent le poids de la vérité que Ray tente d'éviter à sa fille, mais une fois que les personnages ont ouvert les yeux, ils ne peuvent plus les fermer.

Un film qui ne valorise nullement les Hommes et dénonce leur comportement lors d'une catastrophe, livrés à eux même, ne se souciant que de leur survie et prêt à mettre celle des autres en dangers pour leur propre personne ; idée qui atteint d'ailleurs son paroxysme lors de la scène de la voiture, où la foule s'entretue pour survivre.

Un film qui n'est pas dénué de sens et qui porte des messages très forts, rappelant les attentats du 11 septembre lors de la sortie du tripode de terre, la panique des Hommes qui s'enfuient, les bâtiments qui s'écroulent tel les Twins Towers. On peut aussi y trouver des allusions à la Seconde Guerre mondiale dans le train en feu qui rappelle les trains de la mort qui conduisaient en enfer, la réplique d'une femme qui dit « Tout s'embrase comme à Hiroshima », les personnages qui semblent se cacher tel des résistants, quel qu'ils soient. Mais le symbole le plus fort est la pluie de vêtements, car elle renvoie à la fois au 11 septembre en représentant les gens s'étant jetés des étages supérieurs des tours, n'ayant pas le temps de descendre, mais aussi l'Holocauste (les tas de vêtements qui était brûlés, seul reste de leurs propriétaires gazés).

Spielberg dénonce ici toute la cruauté de l'être humain et lui rappelle qu'il n'est pas seul maître sur terre car l'Humanité totalement détruite, dans ce qui pourrait s'apparenter à une apocalypse nucléaire, est sauvée par l'infiniment petit et le négligeable microbe.

Un vrai drame humain traçant le chemin de trois êtres parmi tous les autres.

Une fin un peu trop brutale mais très subtile. En effet, la fin, qui, aux premières impressions, peut passer pour un happy end, n'en est en réalité pas un : il suffit pour le prouver de se pencher sur la bande son de ce passage, sur l'expression de Tom Cruise et sur la conclusion du narrateur.

Quelques passages sont par ailleurs un peu incohérents. Au début du film, Ray est le seul survivant aux terribles rayons désintégrateurs du tripode qui détruit tout sur son passage, on se demande toujours pourquoi le destin l'épargne lui plus qu'un autre. Également en ce qui concerne le passage du départ du fils qui rejoint les militaires, qui, quelques minutes plus tard, meurent tous dans une surprenante explosion sauf Robbie qui s'en sort sans une égratignure, tel un miracle et parvient à retrouver sa mère, sain et sauf. Une petite remarque aussi en ce qui concerne la traduction française, lors de l'orage : Ray dit à sa fille «C'est comme le 14 Juillet». Hormis l'hypothèse que les traducteurs nous prendraient pour des incultes, jusqu'à nouvel ordre, ce fût le 4 Juillet qu'éclatent les feux d'artifices aux Etats-Unis.

Néanmoins le film reste spectaculaire, marquant et saisissant. Une mise en scène grandiose qui fait ressortir le caractère dramatique de l'histoire grâce à toute la palette technique de Spielberg, allant des plans à l'éclairage, en passant par la bande son oppressante ou encore les décors éclatants. Un film qui mélange les genres, entre film catastrophe, d'anticipation, d'horreur et de science-fiction.

Seule différence entre le film et la réalité : L'Humanité n'a jamais eu besoin d'extraterrestres pour créer de tels massacres, de tels carnages, de telles horreurs ...


Note : 5/6
Evea


L'avis des autres Cinéfils :


Robin : 5/6
Spielberg réinvente le film de SF apocalyptique pas trop con et laisse le patriotisme au placard ... Top !


Gereinte : 2/6 (pour les effets spéciaux)
On parle de film novateur, génialissime ... Ce scénario, je l'ai déjà vu dans le film pourri de l'après-midi sur M6 ! Film plat n'ayant pas la moindre crédibilité (encore, ça serait passé en 80, mais là, non ...).


Antoine : 4/6
Pauvre Steven, il n'était pas au sommet de sa forme pendant le tournage. Un peu décevant mais bon film tout de même.



Cinefil49 : 4/6

# Posté le jeudi 23 mars 2006 13:33

Modifié le lundi 23 juillet 2007 09:32

Je vous trouve très beau (Isabelle Mergault)

Je vous trouve très beau (Isabelle Mergault)
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France- Isabelle Mergault - Avec Michel Blanc, Medeea Marinescu, Wladmir Yordanoff - durée:1H37 - Année 2005

Critique de Gereinte

Premier film réalisé par Isabelle Mergault, surtout connue pour les sketchs dans lesquels elle a joué, entre autres Caméra Café. Elle nous présente une vision d'un agriculteur ayant vécu toute sa vie sous la tutelle de sa femme.

Aymé Pigrenet, agriculteur s'approchant dangereusement de la cinquantaine, se retrouve seul, sa femme électrocutée par la trayeuse automatique d'occasion .... Cet homme qui toute sa vie a vu ses petits plats mijotés, ses salopettes lavées et repassées, se retrouve seul. Désormais ses journées ne finissent plus à 19H mais bel et bien au beau milieu de la nuit, car il doit s'occuper du poulailler, de la traite désormais manuelle puisque la trayeuse a rendu l'âme avec sa femme... Et se rend vide compte que sans une femme pour gérer les choses les plus simplistes de la vie (quoi que c'est a voir, je ne sais pas moi-même mettre en marche une machine a laver mais bon ...), son chat finit dans la machine a laver qui a moussé de partout... Les petits plaisirs d'une dose de lessive 30 fois trop importante. Il est donc certain qu'il a besoin d'aide et dans les plus brefs délais, et le plus simple reste l'agence matrimoniale (du moins selon lui mais bon ...). Puisque son désir n'est pas une femme à aimer, mais plus une femme a faire travailler, la directrice de cette agence (habillée de la manière la plus comique possible) lui propose de faire sortir une jeune femme de la misère qui sévit en Pologne. Et voici que après un week-end en Pologne, il ramène une jeune Roumaine (plutôt jolie quand même), et tout ses problèmes sont résolus ... tous ??? Hum hum ... pas si sûr en fait ...

Du point de vue scénaristique et technique, je ne dirais pas que c'est un très grand film, mais l'ambiance est sympathique, l'humour très présent (et les embrouilles aussi) assez caractéristique de la réalisatrice, lourd mais en toute finesse.

A mon humble avis (quoi que je ne sois pas sûr qu'il soit humble), il me semble que derrière cette comédie dramatique se cache un message, principalement destiné à nous les hommes. En effet cet Aymé ne cherche-t-il pas seulement une femme objet ??? Une femme qui ferait pour lui la vaisselle, la lessive, la cuisine, et d'autre corvées ??? Et pourquoi donc une jeune Rpumaine ??? Le métier de femme (ou homme) de ménage existe bien en France ... donc pourquoi aller chercher une jeune femme à l'étranger ??? En effet ceci permet de la sortir de son malheur, mais ceci m'a aussi fait penser au trafic de filles de l'Est ... Ainsi je pense que ce film est une critique de l'homme, qui considère les femmes comme de simples objets (je rappelle en passant que la loi contre les violences conjugales a été approuvée cette semaine... comment ça je dérive du sujet ???), seulement utile a faire la cuisine et le ménage.

Mais aussi une critique contre les Hommes, ces Hommes qui au XXI° siècle font toujours de la traite d'homme, non plus des noirs, mais des femmes, et surtout des femmes étant prêtes à tout pour sortir de la misère. Car les Roumaines que Aymé rencontre, lui disent toutes : "Je vous trouve très beau..." alors que Michel Blanc n'est tout de même pas un playboy. Même Elena qui ne dit pas cette phrase "magique", est prête à aller dans son lit seulement pour venir en France, et ceci même sans aucun sentiment. Et ceci est une forme de prostitution malgré tout.

Ce film dénonce-t-il réellement ceci ou bien est-ce moi qui ait trop abusé de substance illicite, je vous laisse vous faire votre avis par vous-même.

Note : 3/6
Gereinte


Cinefil49 : 3/6

# Posté le dimanche 26 mars 2006 17:12

Modifié le lundi 23 juillet 2007 09:32

Avalon (Mamoru Oshii)

Avalon (Mamoru Oshii)
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France, Etats-Unis, Japon - Mamoru Oshii - Avec Malgorzata Foremniak, Wladyslaw Kowalski, Jerzy Gudejko ... - Durée : 1H46 - Année : 2002


Critique de Smi (CONTRE) :

Un film culte, un monument sur l'avenir, le film d'anticipation (et j'en passe) ; les superlatifs n'ont pas manqué pour décrire ce film. Alors mythe ou réalité, ineptie ou vérité absolue ; je vous livre l'analyse complète d'un film hors du commun, dans la lignée de "Trucks, Les Camions de l'Enfer".

Commençons par le commencement :

Le titre : Avalon. Ca vous dit rien ? Ben moi non plus ; donc déjà ça fait ça de moins. Le réalisateur : c'est Oshii. Véritable figure du cinéma Japonais, il est connu pour ses nombreux films, dont Avalon. Il est a l'affiche de Innocence - Ghost in the Shell 2. La durée : officiellement 1h46, mais c'est approximatif, je reviendrais dessus plus tard. Les producteurs : des gens riches et fortunés.

L'histoire : vous pénétrez dans un monde a la limite de la ruine. Ambiance post apocalyptique. La technologie est présente mais à son état brut. Les bâtiments ont mal vieilli, tout laisse à croire que toute administration centrale a disparu, que chacun est livré à soi même. Le filtre ocre de la camera renforce cette impression et on croirait ce retrouver dans Mad Max. L'action se déroule dans une sorte de bidonville en zone périphérique. La population semble se débrouiller tant bien que mal pour survivre. L'un des moyens pour gagner de l'argent est de participer à un jeu cybernétique. Ce jeu est une véritable reproduction de réel. Une guerre sans fin se déroule dans un paysage balkanique (du style pays de l'est). Les joueurs incarnent des soldats, et comme dans tout bon FPS le but est de faire le plus de kills.

Notre héroïne fait partie de ces accros du jeu et se révèle être un véritable artiste. Elle passe ses journées à dézinguer du « Moob » et accumuler des « PX ». Du coup, en plus d'être moche à la base, elle a une gueule de déterrée avec des poches de cernes (de quoi faire peur à mon ex prof de Physique). Et du même coup, on comprend au moins quelque chose dans l'histoire : pourquoi elle a pas de mec. Revenons à la trame de l'histoire. En effet, pour l'instant, ça semble pas être très subtil. La subtilité apparaît sous la forme d'un niveau caché dans le jeu lui-même (vous y croyez pas ? eh ben si). Ce niveau n'est accessible qu'à l'élite. Ce niveau est un mythe parmi les joueurs. On raconte dessus que seul les meilleurs y arrivent et que lorsque l'on meurt là bas en virtuel, notre esprit reste bloqué dans le jeu. Notre héroïne, comme tout bon geek, veut atteindre ce niveau, pour soi disant y retrouver un pote. Tout le film repose donc sur cette traque et recherche du niveau caché. Avec LA grande question : comment y entrer ?

Analysons : certains ont vu dans ce film un film d'anthologie qui alertait des dangers du jeu vidéo, en mettant en évidence la mince barrière entre réalité et virtualité pour les joueurs accro. 1h46 pour dire cela ? Etait ce vraiment nécessaire ? Non, et le réalisateur l'a compri. C'est là que je reprends la remarque sur la durée du film (cf voir présentation). Le film est la répétition de la même scène 4, 5 voir 6 fois : Métro, boulot, dodo. Avec quand même des variantes : lorsqu'elle nourrit son animal de compagnie. Analysez les séquences et vous constaterez que c'est les même images qu'on vous balance continuellement!! Du coup le tournage effectif n'a pas du duré beaucoup de temps...et on s'emmerde allègrement. Si vous voulez le voir pour ses scène de combat et bien soyez déçu : le Jeu colle tellement bien à la réalité que les combats sont archi emmerdant. La scène épique est l'apparition d'un hélico c'est pour dire. A tout péter 5 personnes en combat, tirant 5 cartouches chacun. L'auteur use et abuse du suggéré. Quant au dialogue, c'est aussi subtil que Doom (ah on regrette les bonnes blagues de l'Adjudant dans Halo..). Pour l'intrigue, on reste dans le jeu vidéo : une intrigue digne de Mario et encore...

Alors finalement qu'en dire ? Ce film démontre qu'avec 15 minutes de pellicule, on peut faire un film de 2h. Un véritable film pour autistes. On en vient à aimer les superproductions américaines. Il ne présente aucun intérêt ... Une fois vu, on n'a qu'une envie : mettre Tomb Raider, retrouver Lara Croft en joli tenue sexy (elle, elle est bonne, et n'a jamais de problèmes de munitions, et les décors changent au moins).

Sur ce, faites vous plaisir à le regarder entre potes (torchez vous avant un peu) et prenez tout au second degré.


Note : -/6
Smi


Critique de Nasher (POUR) :

Dans la Pologne d'un futur proche, « Avalon », un jeu de guerre virtuel multi-joueur, permet à de plus en plus d'adeptes d'échapper à la morosité d'un environnement social en pleine déliquescence. Les points gagnés, dans cette réalité alternative, sont échangés contre des billets de banque par les joueurs performants à leur retour dans le monde réel. Mais, ce wargame est loin d'être sans danger et les « non-revenus », des joueurs totalement accrocs dont la conscience n'a pu réintégrer leur enveloppe corporelle, ont envahis les établissements hospitaliers. Si métaphoriquement, ils sont censés avoir rejoint l'île paradisiaque d'Avalon (référence aux légendes Arthuriennes), le jeu, lui, est devenu complètement illégal.

Dans la sinistrose ambiante, Ash, ancien membre des Wizards - une équipe d'élite ayant splittée après que son capitaine ne soit pas « revenu » - joue dorénavant en solo. Joueuse émérite, elle partage son temps entre la salle de jeu et son studio d'habitation, dans lequel elle passe ses nuits à fumer et à boire avec son chien pour seul compagnon. Alors qu'un nouveau joueur fait son apparition sur le plateau virtuel, surpassant en rapidité les records de la belle guerrière, un ancien coéquipier des Wizards alerte Ash sur l'existence d'un niveau de jeu secret qui permettrait d'accéder à la mythique Avalon.
Après avoir fait des films en animes en abordant les thèmes de la techno-politico-religieux à travers de la saga Patlabor 1 et 2, et en abordant le thème des cyborgs et de la vie artificielle dans Ghost in The Shell1 et 2, il aborde la réalité virtuelle. A l'instar de Ghost in the Shell, Oshii place son héroïne dans un environnement à la fois hyper technologique (aux hommes cyborgs succèdent le monde virtuel) et crépusculaire. Dans ce mélange d'archaïsme et de modernité, les hommes semblent plus seuls que jamais. Ash partage son sombre appartement avec son chien, seule présence "humaine" dans sa vie.

Le climat oppressant et le peu de parole auquel nous avons à faire dans ce film peut paraître difficile à digérer et engendrer un zapping. On comprend vite qu'Avalon est un film complexe, mêlant différents niveaux : celui du jeu, celui du réel, celui du sens et celui de l'image. Une complexité qui a perdu un certain nombre de spectateurs en route. Et pourtant, Avalon est, si l'on prend la peine de se laisser entraîner dans son univers, un film d'anticipation des plus classiques, fondé sur la quête de son personnage principal pour délivrer un ami.

Un très grand soin a été apporté à chaque images, retouchée numériquement, de chaque séquence où ombre et lumière, mouvement et immobilité, réalité et virtuel se fondent en une multitude de tableaux de toute beauté. Alternant action guerrière et lenteur excessive, il construit un subtil puzzle dans lequel le spectateur, à l'image de Ash à la recherche de son chien disparu, se perd entre réalité virtuelle et simulacre existentiel.

On peut relever une similitude avec Matrix dans le fait que l'on vit le film dans 2 univers différents, le monde réel et le monde virtuel, cependant dans Matrix on commence dans le monde virtuel pour ensuite évoluer dans le monde réel alors que dans Avalon, on commence bel et bien dans le monde réel, bien qu'il y ait une scène d'introduction nous présentant le jeu. En effet, là où « Matrix » nous proposait un univers futuriste montrant l'humanité piégée sans le savoir dans une enclave matricielle, Oshii lui, choisit, sur les traces du « eXistenZ » de David Cronenberg, d'explorer la fascinante perversité des jeux de simulation et d'envisager, à l'image du « Ouvre les yeux » d'Alejandro Amenábar ou de son récent remake « Vanilla Sky » de Cameron Crowe, le concept d'une existence au-delà de la réalité, située dans les limbes cybernétiques et ludiques de la virtualité.

Si cette expérience cinématographique pourra sembler lente et nébuleuse aux spectateurs hermétiques à la teneur existentielle du propos, « Avalon », oeuvre troublante aux partis-pris de mise scène étonnants, est incontestablement un film à voir (et même à revoir si l'on veut en saisir toutes les implications). En un mot, un chef-d'œuvre.


Note : 6/6.
Nasher

# Posté le samedi 22 avril 2006 05:19

Modifié le lundi 23 juillet 2007 09:32