Présentation

Bienvenue sur ce skyblog, qui aura pour but de montrer nos critiques, à moi (Dark_Boboss, ou plutôt Robin) et à quelques-uns de mes amis cinéphiles, si j'arrive à les motiver !

Le blog n'aura pas pour but d'avoir plusieurs visites ou d'entrer dans un quelconque top, juste de faire partager notre travail et notre passion ! Il sera, je pense, composé exclusivement de critiques plus ou moins récentes, pas de sondages en vue pour le moment !

Bonne lecture, donc, et soyez indulgents, nous ne sommes que débutants ;)



Rédacteurs de Cinefil49 :


Robin
Age : 15 ans.
Ses trois films cultes : Old Boy, Pulp Fiction, 2001 : L'Odyssée de l'Espace.



Gereinte
Age : 17 ans.
Ses trois films cultes : Garden State, C.R.A.Z.Y, Eternal sunshine of the spotless mind .



Antoine
Age : 18 ans.
Ses trois films cultes : Gladiator, The Blues Brothers, Indiana Jones et la Dernière Croisade.



Yayou
Age : 17 ans.
Ses trois films cultes : The Truman Show.



Evea
Age : bientôt 15 ans.
Ses trois films cultes :



Smi
Age : 18 ans.
Ses trois films cultes : Gladiator, Les aventures de Rabbi Jacob, Rock.



Nasher
Age : 17 ans.
Ses trois films cultes :



Koss
Age : 18 ans.
Ses trois films cultes :



Doui
Age : 17 ans.
Ses trois films cultes : Full Metal Jacket, Le Seigneur des Anneaux, Lord of War.



Zelsa
Age : 18 ans.
Ses trois films cultes : Avril Brisé, La Fidélité, La Grande Vadrouille.



PS : si tu lis pas nos critiques ...

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Présentation

# Posté le samedi 18 mars 2006 10:15

Modifié le lundi 23 juillet 2007 07:06

Sommaire

Sommaire :


Amen
Critique de Antoine
6/6



Avalon
Critique de Smi
-/6



Avida
Critique de Robin
4/6



Avril Brisé
Critique de Zelsa
6/6



Blues Brothers (The)
Critique de Antoine
6/6



Colline a des Yeux (La)
Critique de Robin
5/6



Crazy Kung-fu
Critique de Robin
4/6



Ennemi public n°1 (L')
Critique de Gereinte
3/6



Garden State
Critique de Gereinte
6/6



Gladiator
Critique de Antoine
6/6



Guerre des Mondes (La)
Critique de Evea
5/6



Heat
Critique de Robin
6/6



Je vous trouve très beau
Critique de Gereinte
3/6



Matrix
Critique de Robin
5/6



Old Boy
Critique de Robin
6/6


Paris Je T'aime
Critique de Gereinte
5/6


Renaissance
Critique de Robin
3/6



Shaun of the Dead
Critique de Robin
6/6



Trou (Le)
Critique de Koss
6/6

# Posté le samedi 18 mars 2006 10:33

Modifié le lundi 25 septembre 2006 15:33

Crazy Kung-fu (Stephen Chow)

Crazy Kung-fu (Stephen Chow)
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Hong Kong - Kung-fu Hustle - De Stephen Chow - Avec Stephen Chow, Wah Yuen, Leung Siu Lung, Yuen Qiu ... - Durée : 1 h 47 - Année : 2004


Critique du film (par Robin) :
Mini SPOILERS !!!!!

Trois ans après Shaolin Soccer, le film qui avait vraiment dévoilé Stephen Chow et son humour décalé en Europe, le réalisateur HongKongais revient avec son nouveau film, Crazy Kung-Fu.

Passons tout d'abord sur le problème de traduction évident ; en effet, le titre original était Kung-fu Hustle, ce qui était plus en rapport avec le dit film que le titre français, Crazy Kung-Fu. Puisque « hustle », qui a la signification de « tourbillon », « bousculade » ou « grande activité » symbolise parfaitement le chaos ambiant et le remue-ménage qui règne dans ce film autour du kung-fu, il était inutile , à mon goût, de remplacer ce mot par un autre mot, anglophone qui plus est. Mais les traductions douteuses ne changeront sans doute jamais, donc parlons plutôt du film que de ce problème assez bénin, mais légèrement dérangeant.

Dès les premières minutes du film, et après un plan séquence déjà hilarant dans un commissariat (il faut voir les têtes d'ahuris de tous les policiers ...), nous voici plongés dans l'univers fantasmagorique de Crazy Kung-fu, un monde empruntant ses traits à la Chine des années 40, mais dans lequel presque tous les éléments sont sortis de l'imagination de Stephen Chow. Dans ce monde, les représentants du Bien prennent la forme d'une mégère à la voix retentissante, d'un propriétaire légèrement pervers et d'un tailleur plus qu'efféminé, tandis que les méchants ne se servent pas du dentifrice avec la même maestria que pour les instruments de musique et sont fringués avec marcels et tongs bleues ; les coups pleuvent, même les plus invraisemblables (on se souviendra tous de la Paume de Bouddha), et les situations sont toutes plus comiques les unes que les autres. Et c'est dans ce monde étrange que le grand Chow nous emmène pendant deux heures délicieuses.

L'humour est, bien évidemment, omniprésent, mais venant de Stephen Chow, cela n'est pas vraiment étonnant. Ce qui l'est plus, c'est que Crazy Kung-fu surpasse presque le drôlissime Shaolin Soccer, pur chef d'½uvre comique, dans ce domaine. C'est bien simple : toutes les scènes et tous les personnages sont absolument hilarant(e)s. Il suffit de voir Sing se prendre plusieurs couteaux à la suite d'une manière plutôt amusante, Gras-Double (son fidèle compagnon) faire blobloter sa graisse pour tenter de terroriser la populace ou encore un adolescent se baladant les fesses à l'air se prendre pour LE maître du kung-fu pour s'en convaincre : Crazy Kung-fu est résolument comique et Stephen Chow n'a rien perdu de son talent en ce qui concerne l'humour. Il ne reste plus qu'à espérer qu'il ne suive pas le chemin tortueux de l'américanisation, comme l'ont fait ses confrères Jackie Chan et Jet Li.

De plus, Chow multiplie les références et les clins d'½il tout au long du film. Il n'est donc pas anormal de penser à Gangs of New York, Matrix, Shining ou encore Spider-Man lors de certaines scènes, parfois parodiques. Le réalisateur talentueux mélange également les genres, tels que le western, la comédie musicale ou encore le film de sabre. Mais c'est surtout un brillant hommage à Bruce Lee et aux films de kung-fu des années 70 que nous livre Stephen Chow. L'ombre de la Shaw Brothers et des films ayant marqué l'enfance de Chow plane ainsi sur le film, pour le plus grand bonheur, je pense, des amateurs. Bruce Lee est également présent, même immatériellement, notamment lors d'une scène rappelant fortement Le Frelon Vert. Stephen Chow voulait rendre hommage aux films qui l'avaient fait vibré quand il était jeune et qui lui avaient vraiment donné envie de faire du cinéma : pari amplement réussi !

Mais derrière l'humour et l'action de Crazy Kung-fu se cache tout de même une morale. En effet, c'est en se sacrifiant pour « Roméo » et « Juliette », donc pour le Bien, et en essuyant une tempête de coups de poing surpuissants que Sing devient vraiment puissant, trouve sa véritable voie : celle du maître de kung-fu que tout le monde attendait, de l'« Elu ». Et c'est grâce à lui que le Bien triomphe du Mal, dans un film, somme toutes, plutôt manichéen. De plus, c'est également l'amour qui lui permet de sortir de sa chrysalide et de s'ouvrir au bien. En effet, lorsque Sing est en rétablissement, il dessine avec son doigt une sucette au sol, sucette qui symbolise son amour pour la sourde-muette qu'il avait tenté de sauver lors de son enfance. Il pense à cet amour dans les moments difficiles, et c'est ce qui lui donne sa force. A mon avis, l'histoire d'amour n'est donc pas si inutile que ça. Des morales bien gentilles, donc, mais qui trouvent parfaitement leur place dans ce film avant tout comique.

Mais évidemment, bien qu'excellent à mon goût, Crazy Kung-fu n'est tout de même pas exempt de défauts. Tout d'abord, certaines scènes sont un peu trop longues, comme par exemple la scène des musiciens ; bien qu'amusante au début, de par son originalité et sa créativité, était-il vraiment nécessaire que cette séquence dure une bonne dizaine de minutes ? Les effets spéciaux sont également un peu trop nombreux par moments, comme lors de la scène où Sing est poursuivie par la propriétaire ; les effets cartoon n'étaient pas vraiment nécessaires. Enfin, le style d'humour qui règne dans ce film risque de ne pas plaire à tout le monde, même si j'y adhère complètement. Après, c'est une question de goûts ...

Pour finir, j'aimerais parler un peu de la toute dernière scène, où le vieil homme essaye de vendre au jeune garçon un tas de manuels de kung-fu. Plusieurs significations sont possibles pour cette scène. Par exemple, la multitude des manuels que propose le vieil homme peut vouloir dire que chacun est libre de choisir sa voie et son chemin comme il choisirait son style de kung-fu. Mais, comme me l'a intelligemment suggéré un ami, le petit garçon pourrait être carrément Bruce Lee, puisque l'action se passe au moment où le maître du kung-fu avait l'âge de ce petit garçon. De plus, les styles de kung-fu que propose le vieillard à l'enfant sont à peu près les mêmes que ceux de Bruce Lee. Mais je suis persuadé que d'autres significations sont possibles, n'hésitez pas à nous en soumettre !

En bref, Crazy Kung-fu est un petit chef d'½uvre de l'humour asiatique, qui hisse Stephen Chow au rang de maître du genre ! Si vous avez aimé Shaolin Soccer, foncez !


Note : 4/6
Robin


L'avis des autres cinéphiles :


Gereinte : 4/6
Un film asiatique délirant qui ne se prend pas au sérieux, ce qui en fait son originalité !


Yayou : 4/6
Manger des nems, c'est bon ! Mais les manger devant Crazy Kung Fu, c'est encore meilleur !


Koss : 4/6
Des baffes, des coups de poing, des tatanes et des éclats de rire ... Voilà un efficace résumé !


Doui : 4/6
Une bonne parodie, malgré un scénar un peu maigre.



Cinéfil49 : 4/6

# Posté le samedi 18 mars 2006 10:51

Modifié le lundi 23 juillet 2007 07:06

Matrix (Andy et Larry Wachowski)

Matrix (Andy et Larry Wachowski)
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Etats-Unis - The Matrix - De Andy et Larry Wachowski - Avec Keanu Reeves, Carrie-Anne Moss, Laurence Fishburne, Hugo Weaving ... - Durée : 2 h 15 - Année : 1999


Critique et analyse du film (par Robin) :

En 1999, les frères Wachowski sortent une ½uvre qui restera à jamais gravée dans les mémoires : Matrix, ou l'un des films les plus visionnaires de sa génération ...

Imaginez un monde qui ne serait pas réel. Un monde virtuel, qui ne serait en fait qu'un programme destiné uniquement à exploiter l'énergie des Humains pour nourrir les machines régnant en maître sur le véritable monde. La Matrice. Voici l'idée qui est venue aux frères Wachowski vers la fin des années 90, une idée qui leur permettra de signer l'un des meilleurs films de science-fiction et d'action de tous les temps, ainsi que le scénario le plus inventif de la fin du siècle.

Parlons tout d'abord de tout le côté « action » du film. En effet, c'est un point plus qu'attrayant dans ce film réussi en la matière. Tout commence par une première séquence époustouflante où l'on se trouve embarqué dans la fuite d'une des héroïnes, Trinity ; lors de cette scène, les questions affluent déjà en nous. Qui est cette femme ? Pourquoi est-elle poursuivie ? Comment fait-elle des super sauts ? Et pourquoi a-t-elle disparu dans une cabine téléphonique ? Tant de questions qui trouveront leurs réponses à un moment donné. Mais, dans cette scène, c'est surtout l'action qui prédomine, laissant présager des scènes vraiment spectaculaires. Et on est vraiment servi ; les séquences d'action qui suivent sont toutes plus éblouissantes les unes que les autres. On se souviendra particulièrement de la scène désormais culte du hall de l'immeuble, dans laquelle Neo et Trinity éliminent une quantité conséquente de gardes en utilisant le « bullet time ». Et c'est l'une des principales innovations du film : cet effet de ralenti, pendant lequel les balles fendent l'air comme une pierre dans l'eau et les héros s'adonnent aux acrobaties les plus inimaginables, devra sa naissance à Matrix et sera très souvent parodié (on ne compte plus le nombres de film s'ayant adonné à cette référence). Les effets spéciaux sont réussis, et les prouesses techniques sont légion. Quoi qu'il en soit, d'un point de vue purement action, Matrix a vraiment ce qu'il faut pour plaire et s'imposer comme l'un des maîtres du genre.

Mais, bien évidemment, ce n'est pas seulement cela qui a rendu Matrix aussi célèbre et déjà culte. En effet, le film pose une véritable question : sommes-nous les esclaves de notre société ? Car il est bien évident que loin du côté science-fiction du film, les robots et machines se servant de nous pour s'alimenter représentent la société actuelle. L'esclavagisme est une barbarie atroce, mais ne sommes-nous pas victime de cet esclavagisme, sans le savoir ? Dans le film, les habitants de la Matrice coulent des jours heureux, s'imaginant vivre dans leur petit coin de paradis habituel ; la réalité est toute autre, et la vérité terrifiante. Ils vivent dans des cuves, surveillées par des machines, où ils sont nourris avec le produit de la liquéfaction des morts. C'est peut-être ce qui nous arrive, sans que nous le sachions. Se sentant en sécurité dans des sociétés capitalistes et démocrates, nous sommes peut-être exploités jusqu'à la moelle, sans vraiment en être conscient. Mais ce qui fait vraiment peur, c'est le fait que nous ne connaissions même pas notre réelle condition. Peut-être que tout ceci n'est que pure affabulation, bien entendu, mais peut-être que nous vivons dans un cocon sentant la sécurité à plein nez alors que nous ne sommes que des esclaves, des esclaves à qui on aurait fait croire qu'ils pouvaient apporter leur voix et participer à l'élaboration d'un monde parfait. La Matrice, symbole d'une idéologie mensongère, la société ? C'est mon interprétation, en tout cas, et ce n'est sans doute pas la seule ...

En tout cas, Matrix est incontestablement une grande réussite sur le plan visuel, qui invite réellement à la réflexion. Dommage que les deux suivants ne soient pas aussi réussis ....


Note : 5/6
Robin


L'avis des autres Cinéfils :


Gereinte : 5/6
Et si nous aussi, nous nous trouvions dans un système similaire à la Matrice ? Que ferions-nous ??? Un film de SF dénonçant de nombreuses choses, dont l'interprétation peut être particulière à chaque spectateur.


Smi : 6/6
Un excellent film d'anticipation qui met en garde contre la virtualité et ses abus. Dommage que la suite soit décevante.


Antoine : 5/6
L'Oh - Rakl a dit à Néo ; il faut trouver la foi. Les Wachowski Brothers l'ont trouvée et signent un film formidable qu'on n'est pas prêt d'oublier. Une pure merveille e-machinaire. Bravo les frangins !


Evea : 5/6
Des images très travaillées, des effets très réussis, une histoire tout à fait original et tournée de manière à nous mettre à la place de Néo, notamment avec la réplique de Morpheus « Tu as l'impression de respirer de l'air ».


Yayou : 5/6
Prends la pilule rouge et passe dans un autre monde ... Bienvenue dans la Matrice !


Koss : 5/6
L'oeuvre qui imposa le film de science-fiction technologique comme genre ; inoublialbe, grâce à ses scènes d'action (la scène des piliers !) et à sa philosophie plus cérébrale qu'il n'y parait au premier abord.


Doui : 4/6
Un bon film, un bon scénar, mais la marque des studios américains se fait trop sentir.



Cinefil49 : 5/6

# Posté le samedi 18 mars 2006 11:01

Modifié le lundi 23 juillet 2007 07:06

Shaun of the Dead (Edgar White)

Shaun of the Dead (Edgar White)
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Angleterre - Shaun of the Dead - De Edgar White - Avec Simon Pegg, Nick Frost, Kate Ashfield ... - Durée : 1 h 39 - Année : 2003


Critique et analyse du film (par Robin) :
Risque de SPOILERS !!!

Quand deux figures geeks british habituées du petit écran se lancent dans la grande aventure cinématographique, ça donne ça : le meilleur film de zombies qu'on n'avait pas vu depuis très très longtemps ....

Il y'a quelques années encore, on croyait le genre éteint, principalement en Grande Bretagne. Ce n'est qu'en 2002 que Danny Boyle redonne un nouveau souffle au film de zombies anglais, avec un 28 jours plus tard pas raté du tout. Aujourd'hui, plus d'un an après la sortie de Shaun of the Dead en Angleterre et aux Etats-Unis, le dit film débarque enfin sur nos écrans nationaux (je ne m'attarderai pas à critiquer les tares de notre chère distribution française ...). Et, autant le dire de suite, Shaun of the Dead est effectivement le film que tout amateur de morts-vivants attendait ...

Rapide rappel de l'histoire ! Shaun (Simon Pegg, également co-scénariste), un trentenaire anglais habitué au métro-boulot-dodo, partage sa vie entre son passionnant métier, ses parties de jeux vidéo avec son colocataire Ed (Nick Frost, hilarant) et ses soirées au pub avec sa petite amie Liz (Kate Ashfield) ; bref, une existence digne d'un zombie. Après s'être fraîchement fait plaqué, notre pauvre héros tente de reconquérir sa belle, en vain. Et c'est ce moment-là que choisissent les zombies pour envahir Londres. Une seule solution s'impose alors à Shaun : rassembler ses proches et les mettre à l'abri dans le seul endroit digne d'intérêt lors d'une invasion de morts-vivants ... son pub préféré !

A partir de cette intrigue, Edgar Wright, le réalisateur, nous livre non pas une facile parodie de films du genre, mais un vrai film de zombies, simplement un peu plus comique que la moyenne et bourré de références, en respectant à la lettre les règles qu'un certain George A. Romero avait fixé quelques décennies auparavant. La principale force du film est l'équilibre subtil entretenu entre le comique et la terreur, entre le burlesque du film et la psychologie intéressante des personnages ; aucun de ces éléments ne surplombe vraiment l'autre, et, là où Shaun of the Dead aurait pu se planter et devenir un film bancal, il y puise entièrement son charme pour au final devenir une ½uvre comme on aimerait en voir plus souvent. Le film se divise en trois parties distinctes :

La première partie nous montre le quotidien de Shaun et de beaucoup d'autres Londoniens plus que blasés. Tout semble indiquer une invasion de zombies, principalement le comportement des habitants, menant tous une existence semblable et sans surprise et déambulant comme des morts-vivants, répétant toujours les mêmes gestes. On peut aussi repérer quelques subtils clins d'½il, comme l'usage du mot « mort » dans le langage des personnages (« morts de rire », « elle est ivre morte » ou encore « la prochaine fois que je te vois, t'es mort ! » (soit dit en passant, une phrase qui prendra un véritable sens propre durant le film)) ou encore le jeu vidéo sur lequel Ed passe ses journées (TimeSplitters 2, pour les amateurs), contenant lui-même son lot de zombies.

L'arrivée des zombies constitue la seconde partie. Une invasion que Shaun et son coloc ne remarqueront pas tout de suite, tant la ressemblance entre ces morts-vivants et les Anglais est flagrante. Il est donc aisé de voir dans cet élément comique une critique pure et simple de la société anglaise actuelle (voire de celle de tous les pays "développés"), où les gens sont entraînés dans une spirale infernale qui les conduit dans une vie monotone et sans surprise. Il est de ce fait intéressant de remarquer le double plan-séquence où Shaun va chez l'épicier du coin, avant et après le début de l'invasion. Lors de son second passage, il ne remarque même pas les zombies ni les tâches de sang omniprésentes. Outre le comique de la scène, la satire est plus qu'évidente. Le reste de cette seconde partie sera consacré à la recherche des proches de Shaun, qui commencera à montrer quelques signes de maturité et de responsabilité. Sans oublier quelques passages drôlissimes, comme la scène des vinyles ou celle ou le petit groupe imite les zombies pour passer une rue infestée de morts-vivants. On pourra également relever quelques références cinématographiques à des films tels que Star Wars, l'excellent Reservoir Dogs et bien sûr aux films de Romero (« We're coming to get you, Barbara ! » ...).

La troisième et dernière partie se passe dans le pub où Shaun et ses proches se réfugient, tentant de se barricader dans un endroit sûr. C'est dans cette partie que le terme « film de zombies » prend réellement toute son ampleur, en grande partie grâce au côté « survival » et très gore de la fin, mais surtout à cause des réactions des personnages, qui révèlent ici leur véritable nature. Ainsi, Shaun se montre enfin sous un angle valorisant, prenant des initiatives et faisant attention à la survie de chacun, Ed devient un peu moins inutile qu'à l'origine, Liz a enfin toute confiance en son ex-petit ami et David (un colocataire de Liz), se révèle être une véritable enflure. Le film devient un peu plus sombre dans cette partie, sans pour autant perdre son comique ; ainsi, Shaun devra ici tuer l'un de ses proches, devenu à son tour un zombie, dans une séquence émotionnellement forte. Comme je l'ai précédemment fait remarquer, le gore est également au rendez-vous ; lors d'une des dernières séquences du film, le sang coule à flots et on a même droit à LA scène d'éviscération indispensable à tout bon film du genre. Tout cela pour arriver à une fin plutôt originale et inventive (l'émission télé est aussi bien pensée qu'hilarante).

Bref, vous l'aurez compris, Shaun of the Dead est un petit chef d'oeuvre exploitant à merveille les éléments qui ont rendu le genre cultissime, et offrant, en prime, une bonne tranche de rigolade. Romero, Tarantino, Jackson et consorts avaient vu juste : Shaun of the Dead s'annonce bel et bien comme le renouveau du film de zombies ! Qui a parlé de film culte ?


Note : 6/6
Robin


L'avis des autres Cinéfils :


Doui : 6/6
Comment mêler humour et zombie en une leçon et réussir avec brio !



Cinefil49 : 6/6

# Posté le samedi 18 mars 2006 11:08

Modifié le lundi 23 juillet 2007 07:06